Communiqué : les MDA et la radicalisation

Communiqué : les MDA et la radicalisation

Après les événements tragiques du mois de janvier et l’intensification de la radicalisation chez les adolescents, l’ANMDA a été rapidement invitée par le CIPD (Comité interministériel de prévention de la délinquance) pour évoquer cette question, dans un temps de travail consacré également à la prévention de la récidive et de la délinquance. Depuis cette date, les MDA elles-mêmes sont de plus en plus nombreuses à être sollicitées par les Préfectures, les ARS et/ou les DT PJJ, pour s’inscrire dans le plan de lutte contre la radicalisation.

« Après les évènements tragiques du mois de janvier et l’intensification de la radicalisation chez les adolescents, l’ANMDA a été rapidement invitée par le CIPD (Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance) pour évoquer cette question, dans un temps de travail consacré également à la prévention de la récidive et de la délinquance.

Depuis cette date, les MDA elles-mêmes sont de plus en plus nombreuses à être sollicitées par les Préfectures, les ARS et/ou les DT PJJ, pour s’inscrire dans le plan de lutte contre la radicalisation. Par ce communiqué l’ANMDA souhaite faire un point sur les raisons pour lesquelles les MDA peuvent être impliquées dans ce plan mais aussi préciser les conditions de cette implication au regard des missions définies par leur cahier des charges.

Il nous apparait urgent de prendre en compte collectivement cette question. En effet, la trop forte médiatisation de ce phénomène de radicalisation favorise l’émergence d’ un symptôme contemporain nouveau. Dans un climat de peur sociétale majeure, les adolescents peuvent s’en saisir pour exprimer leur mal-être et leur opposition aux adultes qui les entourent et à la société toute entière.

Pourquoi les MDA sont concernées par cette question ?

Comme le souligne les documents du CIPD concernant la prévention de la radicalisation, elle « relève d’un processus qui se construit par étapes pouvant conduire à l’extrémisme voire au terrorisme. Ce processus s’explique par des facteurs multiples et touche bien souvent des jeunes, vulnérables, en perte de repères, en rupture, en situation d’isolement et en proie à l’endoctrinement. » Au regard de cette définition, les MDA sont concernées dans la mesure où elles ont vocation à accueillir, évaluer, accompagner, orienter et si nécessaire prendre en charge, les jeunes et les familles pris dans un processus de développement, de construction identitaire délétère, pouvant favoriser ce que nous nommerons des conduites à risque ; quelles qu’ elles soient, rupture de lien familial, décrochage scolaire, harcèlement, trouble des conduites alimentaires, addictions... Le travail de réseau, inter-institutionnel et inter-disciplinaire, à l’ œuvre au sein des MDA est, en deuxième lieu, un élément favorable à une meilleure prévention des situations d’adolescents relevant de facteurs de risque multiples. Ainsi, par les liens qu’elles entretiennent avec un ensemble de partenaires en contact direct avec les adolescents (établissements scolaires, service des Conseils départementaux, PJJ, animation jeunesse, prévention spécialisée...), les MDA ont, enfin, la possibilité de prendre en compte les jeunes et les familles de manière non stigmatisante, au plus tôt de l’apparition des premiers signes et, en principe, dans une grande disponibilité et réactivité.

Comment peuvent-elles contribuer aux réponses à proposer ?

Auprès de l’adolescent et sa famille Par une posture d’accueil et d’accompagnement et si nécessaire par une proposition de prise en charge multidisciplinaire, basées sur le principe de la confidentialité et de l’ engagement... Les personnels en MDA travaillent avec le jeune et sa famille notamment sur la compréhension des processus psychiques à l’ œuvre dans la situation présente. En revanche, dans le cadre de ces principes d’organisation générale, les MDA ne pourront pas s’inscrire dans une visée sanctionnante ni dans un processus formalisé avec les préfectures de repérage du risque de dérive sectaire.

Ainsi, comme pour chacun des jeunes reçus au sein d’un dispositif MDA, en prévention, en suivi comme en postvention, il s’agira de co-construire un accompagnement dans lequel le jeune et sa famille auront pleine adhésion et responsabilité.

Auprès des partenaires Les MDA sont également en mesure de mettre à disposition des acteurs locaux leur réseau de partenaires pour réfléchir ensemble à ces questions, pour organiser des temps d’inter-formation sur la prévention globale, sur le repérage des jeunes en situation de risque et plus spécifiquement au risque de radicalisation et participer ou soutenir des recherches sur la radicalisation chez les jeunes...

En conclusion, l’ANMDA soutient le fait que les MDA puissent répondre localement aux sollicitations qui leur sont adressées; dans une contribution partagée avec les acteurs de l’adolescence locaux (PJJ, Conseil départemental, Prévention spécialisée, lieux d’accueil pour adolescents...). Elle centralise également les modalités d’intervention des MDA sur ce sujet (voir auprès de gaelle.paupe@anmda.fr).

Patrick COTTIN - Président

Pr Marie-Rose MORO - Présidente du conseil scientifique

Dr Guillaume BRONSARD  - Secrétaire général

 

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